EXPOSITIONS


L’architecture se nourrit des relations qu’elle peut entretenir avec l’art contemporain, c’est pourquoi l’atelier accueille régulièrement dans ses murs des expositions ou des évènements instaurant un rapport entre bâti, paysage et regards artistiques : photographie, peinture, dessins, aquarelles, vidéos.

Les séries de photographies présentées à l’Atelier Correia ont pour objet les rues ou les usines, lors des grèves et manifestations qui ont agité la France entre 1968 et 1980. En prenant ces clichés, le photographe Horace a fixé une époque où la rue était le théâtre des luttes sociales ; mais aussi, ce qui était nouveau, mondialistes et solidaires. Le temps des utopies.

Au même moment, Jean Genet prenait fait et cause pour les Black Panthers, s’engageait aux côtés des Palestiniens et militait aussi, en France, avec Sartre, Michel Foucault et Claude Mauriac, notamment, contre le racisme subi au quotidien par les travailleurs immigrés.
Si, sur les clichés pris par Horace, jamais Jean Genet n’apparaît – le photographe n’ayant pas eu l’occasion de le croiser – la figure absente de l’écrivain peut sembler étrangement présente.

Les photographies d’Horace mettent en effet en scène un moment de l’histoire contemporaine, les années 70, celles-là même, qui, pour beaucoup d’intellectuels et d’artistes, furent des années de braise. Ainsi, dans de subtils jeux de lumières, les situations fixées par l’oeil d’Horace – affrontements avec la police, courses éperdues sur les pavés, occupation d’usines – s’apparentent-t-elles à des scènes dans lesquelles pourraient apparaître certains personnages issus du théâtre ou de l’oeuvre en prose de Genet.